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Publié : 30 décembre 2009

Le conseil général des Yvelines impose un budget de rigueur aux collèges

Le conseil général des Yvelines s’est fait plus discret sur le budget alloué à l’éducation que… sur le projet avorté du circuit de Formule 1 ! Et pour cause : la majorité départementale (UMP) a voté une baisse de l’ordre de 10 % du budget des collèges ! Avec un argument des plus cocasses : pour respecter les critères du Grenelle de l’Environnement, il est demandé aux collèges de… moins chauffer les salles de cours !
Quelles sont les conséquences sur les collèges de la communauté d’agglomération ?

Les collèges vont voir leur dotation globale de fonctionnement baisser de près de 10%. Le budget sera donc inférieur à celui de l’année 2007. Si la crise économique explique une baisse des recettes du département – ce qui nécessite des économies dans les dépenses -, les deux autres raisons invoquées n’ont guère convaincu tant l’opposition politique que les acteurs de l’Education nationale (représentants des personnels et des parents).

Chauffons moins les salles de cours pour respecter les critères du Grenelle de l’Envrionnement !

Premièrement, le Conseil général des Yvelines, pourtant de droite, a reporté la responsabilité de cette baisse sur l’Etat et ses transferts de compétences qui obligeraient les départements à développer ses dépenses sociales. Mais pour le principal syndicat enseignant (le SNES, gauche), le collège « n’a pas à subir les conséquences d’un problème non résolu entre l’Etat et le Département ».

Deuxièmement, le vice-président du Conseil général a invoqué le respect du Grenelle de l’Environnement et la volonté de réduire les dépenses énergétiques. Aussi, le département a décidé de baisser le budget Viabilisation (chapitre B) de 21 %. Les collèges devront donc moins chauffer ! Pour le SNES, il s’agit d’un « argument fallacieux : le Grenelle n’a jamais préconisé que les usagers doivent travailler dans des locaux mal chauffés ! ».

Les collèges yvelinois devront aussi faire des économies sur les charges générales (- 5 %). L’opposition PS a rappelé que les achats de produits de produits pharmaceutiques, de produits d’hygiène et d’entretien font partie de ce chapitre : « autant dire une broutille en cette période de grippe A  », s’est-elle amusée à rappeler…

Néanmoins, les crédits pédagogiques ne baisseront pas (le fameux chapitre A1). Le SNES déplore néanmoins que ces moyens constants ne tiennent pas « d’une inflation pourtant supérieure à 2 % ».

Verneuil et Triel touchés ; Andrésy épargnée

Quelles sont les conséquences pratiques de ces restrictions budgétaires sur nos collèges ? Le constat est particulièrement intéressant dans les deux villes qui abritent deux conseillers généraux UMP ( et qui ont donc voté la rigueur sur nos collèges) : Philippe Tautou (maire de Verneuil) et Hugues Ribault (Andrésy), tous les deux bien plus prolixes, dans leur commune respective, sur le circuit de Formule 1 que sur cette baisse du budget Éducation...

Les Andrésiens peuvent être rassurés : le collège Saint-Exupéry n’aura pour l’instant pas à souffrir de la rigueur. La présidente de la FCPE d’Andrésy, Béatrice Lebeau, nous explique que, certes, « le collège a vu sa dotation globale décliner mais que la baisse des effectifs compense. Le budget a été présenté à l’équilibre et la direction nous a certifié ne pas avoir à souffrir de cette baisse ».

Le collège d’Andrésy a l’avantage d’être tout neuf : « il n’y a pas encore d’investissements, de remplacements de matériels à effectuer ». Ouf ! pour Hugues Ribault, à un an et trois mois des échéances cantonales…

A Verneuil, ce n’est pas le même son de musique : le collège Jean Zay souffrira des restrictions décidées par le département. Baisse de 15 % du budget, dont 10 % pour le gaz. Selon les élus FCPE du collège, le CG78 «  a demandé des économies dans le domaine de l’énergie consommée et la direction du collège a répondu favorablement ».

A Triel-sur-Seine, le collège des Châtelaines, le budget baissera, pour l’année 2010-2011 de 12 %.

Ailleurs, c’est aussi la rigueur : le lycée Louis Weiss d’Achères a du, par exemple, abandonner l’investissement d’un adoucisseur d’eau, en raison du refus du Conseil général de subventionner cet achat.

En conclusion, après avoir brûlé quelques centaines de milliers d’euros dans la promotion d’un circuit de Formule 1 (financement des études, frais de communication…), la rigueur sur le poste Éducation décidée par les élus du Conseil général fait bien mauvaise effet dans le deuxième département le plus riche de l’Île-de-France…