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Publié : 4 avril

Réfugiés

Bambino attend un geste urgent du préfet des Yvelines

Seul le préfet peut désormais, dans un geste d’humanité, arrêter la machine administrative qui s’est mise en marche et menace la vie future du jeune Ahmad Mohamad Ibrahim, réfugié du Darfour, au Soudan, et vivant au Centre d’Hébergement d’Urgence (CHU) de Mézy-sur-Seine depuis août 2016.

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Ahmad est très jeune, beaucoup plus jeune que tous les autres résidents du Centre, tous l’appellent « le Bambino  ». Il est orphelin, suite à la guerre civile au Darfour. Après un long périple depuis le Soudan, il est arrivé en Italie. Lors de la prise d’empreintes, il a menti sur son âge, se donnant environ 10 ans de plus. Pourquoi mentir : pour être majeur et pouvoir continuer son voyage vers la France avec le compatriote qui l’accompagne depuis son pays.

Un transfert probable vers l’Italie

Depuis le 6 août 2016, il suit assidûment des cours de français, fait du foot tous les mardis et jeudis, participe à une course à pied régionale. Il est devenu la mascotte du CHU. Sans en comprendre les enjeux sur le long terme, il ne fait rien pour démentir l’âge indiqué lors de sa prise d’empreintes en Italie (date de naissance déclarée : 10 mai 1992). Le 9 décembre 2016, il est convoqué à la préfecture qui lui remet un « arrêté de transfert vers l’Italie  » (1er pays européen où il a laissé ses empreintes), selon les règles européennes connues sous le nom de «  règlement DUBLIN III ». Et lorsqu’on lui demande s’il est d’accord, il répond qu’il veut rester en France. Conclusion, il est indiqué sur son dossier : refus d’une « exécution spontanée d’un retour vers l’Italie  », c’est-à-dire risque de vouloir prendre la fuite !

En conséquence, le 27 février, il est convoqué à la PAF (Police de l’Air et des Frontières) pour «  mettre à exécution la mesure d’éloignement  » et il est mis immédiatement en rétention au CRA (centre de rétention administrative) de Plaisir pour éviter une éventuelle fuite qui empêcherait son expulsion.

Les juges ne lui accordent même pas l’assignation à résidence, pour le garder sous contrôle ! Mardi 14 mars, il a été présenté à l’avion et a refusé d’embarquer. Une nouvelle tentative d’embarquement est prévu pour le jeudi 6 avril. Tous les recours sont épuisés.

Le premier juge a jugé sur la base des 25 ans du jeune et les suivants ne voulaient surtout pas remettre en cause "la chose jugée". Ce qui est effectivement légal, mais en l’occurrence en contradiction avec la protection de l’enfance. Et la préfecture, alertée depuis bientôt 3 semaines, nous indique qu’elle est là pour appliquer les règlements et décisions de justice.

Des actions pour que le préfet annule l’expulsion

Bambino reçoit des visites tous les jours mais son état de santé physique et psychologique se détériore.

Deux rassemblements ont déjà eu lieu devant le CRA, le lundi 20 mars et le samedi 1er avril, regroupant, selon les jours, le maire de la ville de Mézy-sur-Seine, le responsable du CHU, des bénévoles qui le connaissent et des militants du collectif « Voisins solidaires » et du Comité de soutien, avec trois demandes précises :

  • que le préfet des Yvelines procède à la levée de la rétention et à l’annulation de son expulsion ;
  • que son statut de mineur soit reconnu ;
  • qu’Ahmad soit pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance pour sa protection, son suivi psychologique, sa scolarisation, son avenir.

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La décision est dans les mains du préfet des Yvelines.