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Publié : 11 mai

Humanisation de la fin de vie

Rencontres CHIMM ville/hôpital : le patient au centre des décisions pour les soins palliatifs

Les soins palliatifs sont au centre de la réflexion et de la décision en matière de politique de la santé, notamment dans la fin de vie. Des chercheurs et des responsables de haut niveau sont venus débattre, le 11 mai dernier, au Centre hospitalier intercommunal Meulan-Les Mureaux (CHIMM). Environ 50 personnes se sont déplacées pour venir écouter les spécialistes et débattre.

Dans une ambiance studieuse, un panel(1) de spécialistes est venu le 11 mai débattre et échanger sur une question de société : comment arbitrer entre la nécessité de soigner les malades en phase terminale et la demande incessante des malades et de leurs entourages de participer à la prise de décision médicale. Il est temps de mettre en avance le dialogue plutôt que la dramatisation à outrance suite aux affaires médiatiques, telles l’affaire Lambert du nom de ce patient, maintenu en vie artificielle en raison de la mésentente de son entourage.

Au cours des débats, le Dr Jean Goyard a présenté l’unité de soins palliatifs du CHIMM aux Mureaux et sa genèse. En outre, le double aspect juridique et pratique a été aussi abordé. Pour lui, il est nécessaire que le public ait une complète connaissance de ce débat qui consiste à garder un équilibre entre soigner et ne pas continuer à allonger la souffrance d’un(e) patient(e). Justement, depuis l’adoption des lois Claeys-Leonetti sur la question, l’information auprès des patients et leurs entourages n’a cessé d’augmenter et les professionnels du milieu médical tentent de remplir certaines lacunes qui peuvent exister ici et là. Il est à noter que 60 % des personnes hospitalisées meurent à l’hôpital en France ; deux pourcent des Français ont laissé une consigne sur la question, dite directive anticipée, permettant de faire un choix entre la nécessité de soins et le choix de terminer la souffrance. Le cas français s’inscrit dans un mouvement occidental pour humaniser la fin de vie ; toutefois, en France, le législateur et le corps médical ont voulu donner une réponse originale, une voie médiane entre la fin de vie et le maintien de la vie.

Ce cadre juridique, selon le sociologue Tanguy Chatel, « vise à répondre à des inquiétudes de dignité pour finir leurs propres vies ». Même si ces directives anticipées peuvent être contraignantes vis-à-vis du corps médical, les patients ont la possibilité d’être acteurs de devenir de plus en plus acteurs de leur fin de vie.

Après une concertation avec le milieu médical (pour ne pas souffrir et alléger les soins palliatifs...), il peut être décidé d’abroger la vie sous certaines conditions : le document est valable trois ans ; limites de la capacité de soins... Cependant, pour les spécialistes présents, et précisé par le Dr Gilles Branche, "pour prendre une décision de vie ou mort, il faut connaître avec précision" l’état du malade et de la maladie. Gérontologues, sociologues, psychiatres et autres spécialistes se sont accordés à favoriser la recherche d’une « solution le plus consensuelle et la plus apaisée entre les acteurs du processus de vieillissement et de fin de vie (en cas d’accident grave) ».

Enfin et sur le plan philosophique, cette rencontre entre les praticiens et un public fort intéressé a permis de « penser les soins dans les questions de fin de vie. » C’est un sujet qui reviendra souvent en raison de sa complexité et de son ampleur dans la société moderne qui perdure et ne veut pas se projeter dans la fin de la vie".

Post-scriptum

1. Tanguy Chatel, sociologue, Dr. Alix de Bonnieères, Armelle le Coênt, cadre de pôle soin de santé et réadaptation au CHIMM, Dr Gilles Branche et Dr Jean Goyard.