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Publié : 15 janvier

Bétonisation

Des habitants se mobilisent contre le béton à Conflans

Le samedi 9 janvier 2021, à Conflans-sainte-Honorine, une trentaine de riverains ont manifesté pour alerter l’opinion publique locale sur un projet qui se prépare sans « aucune concertation » ; la phase de contestation suivra-t-elle ?
Pour un sujet similaire, les habitants du quartier d’Elisabethville à Epône se mobilisent aussi.

Près d’une trentaine de riverains sont venus, le 9 janvier, affirmer leur désaccord sur un projet de construction de 130 logements. Selon un reportage d’un vidéo-cinéaste local, le témoignage d’une riveraine, Isabelle, fait part d’une action de sensibilisation relative à ce programme immobilier sur site Boulet au 66 – 70 avenue Carnot : il s’agit de sensibiliser les habitants sur la «  surconstruction et la concentration de personnes » sans que des équipements soient adaptés au contexte nouveau. Selon Isabelle, au total, trois projet d’envergure vont modifier la physionomie du cadre urbain et des habitants ne sont pas résignés à abandonner leur quartier à des bétonneurs.

Des questions sans réponse

Certes, certains de ces Conflanais ont été en contact, par le biais d’une visioconférence, avec le promoteur le 7 décembre 2020, mais ils attendent un vrai appui de leur municipalité. Selon nos informations, la municipalité va rencontrer le promoteur le 15 janvier 2021. Dans son échange avec le promoteur, des questions ont été posées sans que des réponses leur satisfassent.

Depuis 2016, le consensus politique et la pression immobilière conduisent à imposer une vague de constructions massive dans les communes de l’intercommunalité Grand Paris Seine & Oise, et a fortiori de la Région Île-de-France où un million de logements sont prévus d’ici à 2030, soit 70 000 unités par an. De plus, pour la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), regroupant les promoteurs immobiliers de France en logement et en immobilier d’entreprise, le logement neuf s’enfonçant dans la crise, une relance s’impose avec la crise de la Covid-19. Les prix semblent marquer le pas mais l’incertitude est telle que cette tendance reste à confirmer. Dans un communiqué officiel du 19 novembre, Alexandra François-Cuxac, présidente de FPI France, a souligné l’acuité de la crise : « L’épidémie n’est que le révélateur d’une crise du logement neuf sur laquelle nous alertons depuis des mois : faute de permis de construire, nous peinons à proposer aux ménages des logements qu’ils peinent eux-mêmes à financer. Il faut agir d’urgence sur l’offre comme sur la demande ». Pour la FPI, le gouvernement avance mais devrait accélérer le pas.

Informer c’est déjà contester

En termes concrets, cela se traduit par l’avancée des projets comme celui de l’avenue Carnot et son corollaire, la contestation probable des riverains. Sur le réseau social FB, les premier signes de soutiens apparaissent : «  Votre combat va dans le sens d’une mixité qui constitue l’identité de Conflans. Certains voudraient, en continuant à bétonner la ville, en faire une cité-dortoir standardisée à la population homogène. Continuez !  », a écrit Alex Guedet. Une autre internaute, Danielle Morice, s’est solidarisée avec les riverains : «  Je suis complètement solidaire de votre action. Notre ville se bétonne de plus en plus, sachant qu’un appartement génère en moyenne deux voitures et que dans le même temps on nous supprime quelques ramassage d’ordures ménagères pour réduire l’empreinte écologique, cherchez l’erreur ! »

Dans la même dynamique, les voisins se sont mobilisés, les 11 et 14 janvier, pour alerter les parents d’élèves de l’Ecole maternelle du Long Chemin. Informer les parents d’élèves du projet de construction à proximité immédiate de l’école de leurs enfants est une première étape de la phase d’organisation car la contestation peut-être longue. La grande majorité des parents n’était pas au courant de ce projet. Le soutien des parents a été très unanime ; ces parents d’élèves s’interrogent et commencent à s’inquiéter.

En conclusion, c’est un classique du genre : construire à quel prix ? S’agit-il d’une réaction « nymbiste  » (not in my backyard) ? Autrement dit, les riverains qui contestent cette vague de béton regroupent-ils « de vieux blancs et riches, qui ne veulent pas de jeunes ni de pauvres dans leur quartier ». Ils contestent cette interprétation car ils sont «  d’accord pour accueillir de nouveaux voisins, mais pas au détriment d’une qualité de vie qui a fait la réputation de Conflans-Sainte-Honorine depuis des décennies  ».

A Epône aussi

Dans la ville d’Epône, les riverains ont réagi à un projet immobilier, sortant de nulle part selon eux en lançant une pétition en ligne, qui s’intitule : « STOP AU PROJET DE CONSTRUCTION D’UN IMMEUBLE DE 35 LOGEMENTS À ELISABETHVILLE EPONE ! ».

Pour comprendre, voici le texte introduisant la pétition qui a été lancé par le Collectif « Non aux constructions massives sur Epône » :
« Nous avons reçu la semaine dernière dans nos boîtes aux lettres un prospectus de la mairie nous informant d’un projet de construction d’un bâtiment accueillant 35 logements avec 36 places de parking à la place de la Mairie annexe.

L’arrêté et le permis de construire ont été affichés le 15 décembre à l’abri des regards derrière la Mairie Annexe alors qu’ils doivent être visibles sur la voie publique. Nous avons 2 mois pour dire non à ce projet sorti de nulle part sans aucune concertation préalable ni avec les Epônois, ni avec les riverains. »
Plus d’informations sur la page qui abrite la pétition du Collectif : lien

Pour plus d’information :
L’association des riverains de l’ancien site Boulet a été lancée et sera officialisée dans un court délai.
Pour la contacter : association.riverains.boulet@gmail.com