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Publié : 3 février

Mantois

Marc Jammet : le Don Quichotte du Mantois

Marc Jammet, conseiller municipal de Mantes-la-Jolie et conseiller communautaire de GPS&O, n’a pas la langue dans sa poche lorsqu’il décortique les méandres du système biédériste qui, selon lui, règne dans le Mantois et, au-delà, dans les Yvelines. Depuis six ans, il informe et se bat pour des idéaux de justice sociale dans un cadre républicain. La rédaction du J2R l’a interrogé, le 27 janvier 2021, sur la gouvernance de la Communauté urbaine Grand Paris Seine&Oise, sur son projet de territoire et sur le système opaque mis en place dans cette vaste intercommunalité.

En s’appuyant sur les technologies de visiophonie actuelles, au moyen de la plateforme Zoom, le J2R a interviewé, le 27 janvier 2021, Marc Jammet, conseiller municipal communiste de Mantes-la-Jolie ; de plus, depuis 2015, il connaît bien le fonctionnement de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise. En juillet 2020, il s’est vainement porté candidat à la présidence de l’exécutif « en rupture avec l’unanimité ambiante  » qui allait élire Raphaël Cognet (LR).

Avec une bonhomie qui étonne, Marc Jammet s’est battu constamment contre les pratiques de la présidence de la communauté urbaine et de la mairie de Mantes-la-Jolie. Dans une passe d’armes récente avec Pierre Bédier, le 30 novembre 2020, lors d’une réunion du conseil municipal de Mantes-la-Jolie, il a conservé un calme olympien, contrairement à ce qu’aurait fait Georges Marchais, ancien secrétaire du Parti communiste français.

Justement, M. Jammet revendique haut et fort ses convictions communistes car « [son] engagement vise à changer la société vers plus de justice et égalité. » Pour lui, «  on est toujours dans la lutte de classe !  » Certes, il ne veut pas une révolution comme jadis. Il se questionne, en somme, sur les fondamentaux de la société actuelle : « Quel type de société voulons-nous ? » Parfois, d’une manière naïve, il pose le postulat que «  le profit ne doit pas guider le sens de l’Histoire ».

Tel un Don Quichotte des temps modernes, il a affirmé « que les seuls combats que l’on perd ce sont ceux que l’on ne mène pas ». Depuis 2015, son analyse du fonctionnement de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise est sans équivoque : «  La CU est une énorme usine à gaz où la rationalité prime et met à mal la proximité et la subsidiarité » des services à la population. Le dernier exemple, le chaos de la collecte des déchets, le démontre bien.

Le Don Quichotte du Mantois s’est fixé deux missions : d’une part, « détricoter la communauté urbaine en informant les habitants par des faits ; [ensuite] se battre avec courage contre l’illégitimité des élus en place ». Il déplore le clientélisme avec son lot de courtisans et l’opacité qui permettent aux élus de la droite yvelinoise de régner sans partage dans les communes telles Mantes-la-Ville et Mantes-la-Jolie. Ce combat s’assimile, dit-il, « à la refondation de la démocratie locale  ».

Les péchés originels de GPS&O sont nombreux mais il faut souligner, selon lui, l’absence d’un projet du territoire : «  Il n’y a rien de commun entres les trois bassins principaux de la vaste zone de 500 km2 et de 405 000 habitants ». La seule solution, à ce stade, est une dose de subsidiarité afin de régler les problèmes qui ont été exacerbés par la création de cette intercommunalité. En bon communiste, il met en avant la possibilité de distribuer l’eau et rendre des services urbains avec une régie car elle serait fiable, répondant aux contraintes d’échelle géographique et d’exigence technique (cf. le cas de la municipalisation de la distribution de l’eau à Grenoble et à Paris). « Il faut être austère et exigeant avec l’argent public  », a déclaré M. Jammet.

Ainsi, trois mois après la publication du rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC)(1) sur la gestion de la ville de Mantes-la-Jolie de 2014 à 2018, Marc Jammet a écrit au procureur de la République afin de rendre transparente cette situation «  inadmissible » selon ses dires : « Non seulement il y a eu des primes indues à la direction de la ville, mais les responsables de l’exécutif local ont triché sur les délibérations adoptées pendant cette période examinée par la CRC. » M. Jammet a réclamé de la transparence et de la justice : « Le procureur doit engager une procédure judiciaire. »

Pour livrer ce combat de type «  chevaleresque  », Marc Jammet aurait besoin non seulement de solides arguments mais aussi d’un Sancho P. qui pourrait lui donner la logistique pour se battre dans le Mantois.

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