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Publié : 16 février

Projet environnement

Andrésy choisie par l’association « Nucléaire je balise »

Depuis le 10 février et jusqu’au 8 mars, les Franciliens peuvent soutenir le projet de l’association « Nucléaire je balise » grâce à leur vote. Celle-ci lance un appel à vos voix afin que ce projet ait plus de poids face à d’autres projets ; sa réalisation serait un exemple de concrétisation associative et citoyenne. Le projet de « Nucléaire je balise » à Andrésy, concernant l’ensemble de la population, serait contrôlé par les citoyens pour permettre d’accéder à des informations indépendantes de l’État.

L’association «  Nucléaire je balise  » (NJB) s’est fixé comme mission de promouvoir l’installation de sondes pour mesurer la radioactivité dans l’air dans la Région Île-de-France de manière indépendante. Il existe plus de 250 balises en France qui sont toutes gérées par l’Institut de Radioprotection et de Sécurité Nucléaire (IRSN), un organisme reconnu par l’État. L’objectif de cette association est donc de réaliser une veille relative à des informations sur le nucléaire, potentiellement cachées ou parcellaires. L’association NJB, gérée de manière indépendante, met une certaine pression sur des institutions comme l’Agence de Sécurité Nucléaire (ASN) pour pouvoir d’obtenir la vérité sur le nucléaire, grâce à une transparence de ces institutions.

L’importance du projet de mesurer « la pollution nucléaire »

« Ce projet est important car il n’existe pas de sonde indépendante dans la région la plus peuplée de France et est près de centrales nucléaires », confie à la rédaction Gilles Cousin, membre du conseil d’administration de la CRIIRAD et de l’association NJB. Les nuages nucléaires tels que ceux de Tchernobyl et Fukushima sont arrivés en France donc des accidents nucléaires français sont tout aussi possibles. Il faut noter que le parc nucléaire français, qui concentre la majorité des centrales nucléaires européennes, est vieillissant. Gilles Cousin juge que « la possibilité d’accident est fort donc il est important de surveiller les radioactivités dans l’air  » ; l’association est donc présente pour y remédier. L’accès à une information indépendante est utile en démocratie pour permettre une pluralité de l’information et la formation d’une opinion.

Vers une information réelle, transparente et rapide

Les Français sont nombreux à connaître l’histoire racontée par les hauts services de sécurité du nucléaire et de l’État lors de la catastrophe de Tchernobyl. Ces institutions nous avaient affirmé, dans les années 1980, que le nuage nucléaire s’était arrêté à la frontière française ; peu de Français l’avaient cru. Ce réveil citoyen a conduit à la naissance de la Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité (CRIIRAD). Face à des discours erronés, parcellaires tout en jouant sur le facteur temps, l’association a acquis une certaine reconnaissance nationale.

L’association a pour but d’informer les citoyens en communiquant ces informations de manière véridique, transparente et le plus vite possible. La promotion de sondes indépendantes en France doit permettre d’accéder à ce niveau d’information vérifiée et clairvoyante. Avec le cas d’Andrésy, l’association débute dans le secteur de l’ouest de la Région Île-de-France pour placer une sonde avant d’élargir ses actions sur l’ensemble du territoire. Cette sonde placée le plus à l’ouest doit permette d’avertir sur un potentiel nuage provenant des centrales nucléaires dans la Région Normandie. L’accès à ces sondes est gratuit et disponible à tout moment pour les citoyens.

D’innombrables soutiens

L’association est soutenue par d’autres associations : Réseau Sortir du Nucléaire, CRIIRAD, La nouvelle réserve, Attac 78 Nord ; de plus, elle a le soutien de personnes reconnues telles que Ghislaine Senée (conseillère régionale Île-de-France et présidente EELV pour la région Île-de-France) et le Dr Marc Denis (docteur en physique nucléaire et moléculaire et membre du GSIEN). Tous soutiennent le projet car ils sont favorables à la mesure de la radioactivité dans l’air qui permet de discerner la présence ou non de la radioactivité dans l’espace et dans le temps. Certes, ce sont des personnalités qui promeuvent l’écologie politique. Le soutien à « Nucléaire je balise » passe par l’adhésion de ses membres sous forme de dons ou d’adhésions, apportant un financement, permettant de lancer «  des alertes » le cas échéant. L’argent récolté permet de couvrir les frais de fonctionnement des sondes et ainsi d’informer les citoyens. En effet, Gilles Cousin a souligné que « la CRIIRAD donne des consignes sur le nucléaire à la population, s’il existe des traces de pollution ». La sécurité en France en matière de nucléaire est un enjeu qui concerne l’ensemble de la population sans distinction de bord politique et de positionnement pour ou contre le nucléaire.

Pourquoi avoir choisi Andrésy ?

La sonde sera placée en hauteur, sans interférence aux alentours pour mesurer la radioactivité de l’air. Cette sonde à spectrométrie gamma, conçue par l’entreprise Bertin, permet de trouver un rayonnement gamma, bêta et alpha donc une pollution radioactive. La sonde fonctionne en permanence et transmet les informations par Internet à la CRIIRAD qui analyse et décide de la suite à donner lors de la récolte des données. Elle peut lancer une alerte en cas de pollution. La CRIIRAD indique par la suite d’où vient celle-ci, essayant d’indiquer quelle centrale en est à l’origine.

L’association a fait un appel à candidature pour permettre de déterminer la ville qui accueillera la sonde. Certaines communes ont signalé leur intention comme Les Mureaux (vote favorable à l’unanimité du conseil municipal), Hardricourt (vote favorable avant rétractation) et Andrésy. Cette dernière est retenue car le maire Lionel Wastl (EELV) soutient ce projet et accepte qu’il soit réalisé dans sa commune. Le soutien du maire est important car sans son accord, l’association ne peut demander des subventions régionales. L’acceptation du projet par la commune d’Andrésy a permis de valider cette demande de subvention dans le cadre du budget participatif régional. Ainsi, la validation du projet par la commune et par la Région Île-de-France permet aux Franciliens de pouvoir s’exprimer (voter favorablement) pour un projet via une plateforme Internet. En effet, leur soutien de ce projet relève son importance dans les mois à venir. Le résultat du vote peut démarquer les projets que l’on estime importants des autres projets jugés comme significatifs. C’est pour cela que l’association «  Nucléaire je balise  » a besoin de vos votes pour prétendre à une plus grande subvention de ce projet.

D’autres projets sont en cours de réflexion dont « deux autres projets sur l’Île-de-France peuvent éventuellement aboutir  », nous explique Gilles Cousin. Le site de Saclay et un projet au plus près de la centrale de Nogent-sur-Seine sont retenus pour le moment. M. Cousin rajoute que «  idéalement, il faut quatre sondes sur la région  » pour permettre d’accéder aux informations sur l’ensemble de son territoire. Sur le fond, ces potentielles futures sondes ressemblent exactement à la sonde prévue dans la commune d’Andrésy.

Pour plus de transparence

L’association « Nucléaire je balise  » ne se présente pas comme anti-nucléaire mais souhaite connaître l’évolution du nucléaire en France. C’est par des relevés dans l’air que l’information d’un danger potentiel peut être démontré. Ce contrôle citoyen peut faire émerger l’envie d’accéder à une énergie décarbonée mais à la fois non nucléarisé. Cette question du nucléaire touche l’ensemble des Français et une transition écologique visant à se débarrasser du nucléaire est une vraie question. D’autres se posent sur le modèle énergétique que nous souhaitons pour les années futures et sur les moyens pour y accéder.

Post-scriptum

Pour en savoir plus ou pour adhérer à l’association « Nucléaire je balise » :
nucleairejebalise.idf@gmail.com
Facebook @nucleairejebalise