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Publié : 23 mars

Histoire

Lancement du chantier de restauration de l’appartement de Madame du Barry

En 1770, Louis XV, veuf, décide d’installer sa favorite, la comtesse du Barry au cœur du château, juste au-dessus de son appartement privé. Aménagé par Ange-Jacques Gabriel, l’appartement de quatorze pièces s’étend sur plus de 350 m2. Situé au second étage de la résidence royale, il donne sur la cour de marbre pour les pièces de réception et sur les cours intérieures pour les pièces plus intimes. Il bénéficie également de multiples accès, permettant ainsi au Roi de rejoindre sa maîtresse, en toute discrétion, par ses escaliers privés.
Avec la crise sanitaire, le Château de Versailles souffre d’un important déficit financier, mais le département des Yvelines va le soutenir.

A la demande de la comtesse, les pièces principales conservent un décor blanc et or, privilège des princes. L’autre moitié de l’appartement présente d’exceptionnels décors polychromes qui, s’ils ont très largement existé sous l’Ancien Régime, ont pour la plupart disparu dès la fin du XVIIIe siècle. C’est un ensemble unique, chargé d’histoire et d’émotions qui subsiste aujourd’hui au sein du château. Grâce au concours et aux savoir-faire séculaires d’une cinquantaine d’artisans ; menuisiers, doreurs, marbriers ou stucateurs, cet appartement va pouvoir retrouver tout son lustre.

Un lieu préservé, témoin de l’art de vivre au XVIIIe

Loin des espaces de représentation de la Cour, la maîtresse royale déploie un très grand raffinement dans ce lieu qu’elle fait agrémenter de mobilier et d’objets d’art à la pointe de la mode, mais qu’elle n’occupe que cinq ans (1770−1774) avant d’être chassée de la Cour. Après le départ de la favorite, cet appartement connaîtra quelques aménagements et remaniements dans sa distribution. Différentes personnalités s’y succèderont jusqu’à la fin du siècle et cette occupation quasi permanente lui permettra d’échapper aux campagnes de bûchage des insignes royaux par les révolutionnaires, en octobre 1793. Ainsi, quelques fleurs de lys et des doubles «  L  » d’origine, sur les cheminées en marbre ou les boiseries, y subsistent encore intacts. L’appartement ne sera pas non plus impacté par les importantes transformations du château au XIXe siècle.

Une première restauration exemplaire qui doit être poursuivie

Entre 1943 et 1947 l’appartement de Madame du Barry a bénéficié d’une campagne de restauration d’une très grande qualité conduite par l’architecte en chef André Japy. Ce chantier, bien que réalisé dans des circonstances délicates, en pleine guerre, permit la réalisation de nombreux travaux. Le parti pris fut alors de rétablir les dispositions de l’appartement dans son état de 1774, tel que le connut Madame du Barry.

Depuis plus de soixante-dix ans, cet appartement n’a donc bénéficié d’aucune campagne de travaux de restauration. Au-delà de l’altération et du vieillissement des peintures, les décors et les plafonds ont souffert d’entrées d’eau. L’humidité et les importantes variations climatiques de cet étage, situé sous comble et orienté plein sud, ont également contribué à l’état de vétusté des décors qui nécessitent aujourd’hui une nouvelle campagne de travaux.

Cette nouvelle restauration s’inscrira dans le respect de la précédente campagne. La majorité des interventions consistera en une restauration à l’identique, seules quelques incohérences rapporté à l’état de 1774 seront corrigées. Par ailleurs, certains ouvrages traités sur place dans les années 1940, nécessiteront une restauration plus poussée en atelier. L’objectif est de pouvoir offrir au public l’atmosphère d’intimité et de délicatesse qui se dégageait de ce lieu, expression de la quintessence de l’art de vivre au XVIIIe siècle.

Madame du Barry

Jeanne Bécu, dite « Mademoiselle Vaubernier », est née le 19 août 1743. Devenue par mariage comtesse du Barry, elle succède à Madame de Pompadour comme favorite du roi. Elle est présentée au Roi Louis XV en 1768. Le Roi est alors âgé et a perdu successivement son fils le dauphin Louis-Ferdinand, son épouse, Marie Leszczynska, ainsi que sa maîtresse devenue amie, Madame de Pompadour. Il est rapidement séduit par la beauté de cette jeune femme et c’est au cours de cette même année qu’elle s’installera à Versailles. Malgré les manigances du duc de Choiseul et le mépris de Mesdames filles de Louis XV, elle s’impose à la Cour.

A l’égard de bien des favorites, Madame du Barry vit confortablement. Amatrice d’art, elle protège peintres et artisans et cultive le style néo-classique à Versailles. Elle commande nombre de pièces au menuisier Delanois, à l’ébéniste Leleu et aux peintres Fragonard et Vien. Amie de Voltaire, elle lui rend visite jusqu’à la mort de l’écrivain en 1778.

A la mort de Louis XV, en mai 1774, sur ordonnance de son successeur Louis XVI, elle est chassée de Versailles et emmenée au couvent de Pont-aux-Dames à Meaux. En 1776, elle se retire à Louveciennes. Dénoncée pendant la Terreur, elle est guillotinée le 8 décembre 1793.

Le mécène : le Groupe AXA

Fidèle à ses valeurs de protection et de transmission du patrimoine, AXA s’est engagé depuis de nombreuses années à soutenir les lieux symboliques de la culture française ayant une portée internationale. Dans le contexte actuel très difficile, marqué par la pandémie de Covid-19 et la fermeture des musées, il est très important de préserver les savoir-faire précieux de l’artisanat d’art et de préparer le retour des visiteurs. AXA est heureux de poursuivre son partenariat avec le château de Versailles et de permettre par son soutien la restauration des appartements de Madame du Barry.

Le département des Yvelines débloque des fonds pour le château

Le château de Versailles accuse, en raison de la crise sanitaire du COVID19, une perte de 70 millions d’Euros avec la baisse violente des visites touristiques dans l’ancienne résidence royale.
Le conseil département des Yvelines va débloquer 15 millions d’Euros d’aide pour des travaux de réamanagements. Cette aide va s’étaler sur trois, soit de 5 millions d’Euros par an pour financer de plusieurs projets :« la rénovation des organes de sécurité de l’opéra royal, la sécurisation des berges du grand canal, la réfection des toitures et des façades de l’aile Nord, l’aile du Midi ou du Grand Trianon ».