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Publié : 17 juin

Elections Départementales 2021

Le canton d’Aubergenville : il restera, vraisemblablement, à droite de l’échiquier politique

Pour les élections départementales, le canton d’Aubergenville compte trois listes : la liste Ensemble pour les Yvelines (EPY) avec Laurent Richard et Pauline Winocour, la liste du Rassemblement national (RN) avec Christiane Gadé et Frédéric Faré et la liste Europe Ecologie-Les Verts (EELV) avec Léa Denise Delacroix-Bidart et Rachid Zerouali. Le Journal des Deux Rives a interrogé deux des ces listes situées à droite sur l’échiquier politique. Le canton d’Aubergenville, qui s’étend sur de nombreux villages et villes, est un canton très rural, comprenant 70 000 habitants.

Liste EPY : “le lien entre le rural et l’urbain”

La liste EPY est menée par Laurent Richard, le maire de Maule, actuel conseiller général, président de la Commission des finances, des affaires européennes et générales ; il s’est associé à Pauline Lefèvre, qui est déléguée à la ruralité et professeure de français. Ce binôme s’est constitué suite à leur bonne entente des deux candidats, tous deux attachés à leur territoire.

Ils déclarent vouloir se présenter, à nouveau, car ils jugent leur bilan positif, ayant participé à la bonne gestion du département  : il dépense le moins par habitant, assurant ainsi un autofinancement ; il a investi pour soutenir, entre autres, les communes avec 89 millions d’aides. Les candidats estiment que le Conseil départemental des Yvelines est utile car il apporte des actions sociales, il s’occupe des routes et il investit pour l’avenir. C’est une administration de proximité pour les communes dans les compétences qui lui sont données.

A la question de l’augmentation de 66 % de la taxe foncière, après les élections de 2015, le binôme répond que cette augmentation était nécessaire pour continuer à soutenir les communes. En effet, cette hausse a permis d’accroître l’investissement au sein du département car les baisses des dotations de l’Etat, évaluées à une perte de 190 millions d’euros, auraient signifié la perte d’une certaine autonomie financière et par conséquent, le pouvoir de créer un autofinancement.

Le binôme, conscient que le canton est majoritairement rural, veut être une passerelle entre le rural et l’urbain. En effet, M. Richard nous a expliqué que « le manque d’investissement dans la fibre dans certaines communes fut un véritable problème. Nous avons fait un appel de projet et un opérateur est venu installer la fibre dans ces zones blanches ». D’autres problèmes existent pour ces villages éloignés de tout ; le binôme, qui a fait construire un EPHAD, souhaite continuer à agir dans le domaine du social et de la santé. La « politique du vieillir mieux à la maison » comme ils l’ont renommée les incite à ouvrir d’autres maisons médicales, mettant en œuvre la télémédecine ou disposant de structures mobiles, par exemple. Ainsi, ils ont soutenu la création de Yes+, permettant aux jeunes à d’avoir un job étudiant l’été, en aidant les personnes âgées chez elles. Le binôme veut, aussi, être un soutien aux agriculteurs du canton, en continuant les investissements pour les aider et en créant, par exemple, un circuit court entre les cantines scolaires et les agriculteurs de proximité.

Enfin, les candidats se positionnent contre la déviation de la RD191 car, selon eux, 95 % des riverains sont contre ce projet, sauf à Nézel. Ils sont conscients que la circulation entraîne de gros désavantages et que la voirie pourrait être aménagée car c’est une demande de la population. Un autre solution plus simple sur ce “projet compliqué” serait de dévier les poids lourds pour laisser un trafic de transit et les diriger vers la RD30.

 

Liste RN : elle se veut la représentante du seul parti d’opposition à l’opacité de M. Bédier

 La liste du RN est composée de Frédéric Farré qui est l’ancien maire de Villiers-le-Mahieu (2008–2020), qui a récemment adhéré au RN car il souhaite “défendre les idées françaises car [il est] patriote” et de Christianne Gadé, membre également de ce parti. Ce binôme s’est formé suite à leur rencontre, les deux candidats incarnant les idées du RN. Leur vision du conseil départemental, est que c’est “une gouvernance locale avec plusieurs compétences telles que les enfants, les handicapés ou les personnes âgées”. De plus, ce binôme juge que le conseil départemental “détenu” par Pierre Bédier n’a pas assez fait et que l’argent pourrait être redistribué dans les transports, la sécurité autour des collèges ou les PMI, malgré un travail déjà effectué. En effet, le binôme juge la gestion du département comme « hégémonique » et souhaite donc plus de mixité au sein du conseil.

Les candidats ont soulevé différentes questions comme le rapprochement entre les départements des Yvelines et des Hauts-de-Seine (78/92), dont ils ne voient aucun intérêt. En outre, ils jugent « inutile la création d’une maison des Yvelines au Sénégal qui ne marche pas et sa valeur de 200 millions d’euros pourrait servir à d’autres choses au sein du Département des Yvelines ».

Interrogé sur l’augmentation de 66 % de la taxe foncière, le binôme a estimé que « le département ne se porte pas si mal » mais qu’une meilleure gestion financière est possible, « où trop d’argent est utilisé d’une manière dispendieuse et que l’augmentation de 66 % a été de trop, en plus de pas avoir de regard sur cette augmentation ».

Le binôme souhaite favoriser le caractère rural du canton et développer le territoire d’une manière harmonieuse. Par exemple, ils voudraient développer les circuits courts entre les agriculteurs et les cantines scolaires, ainsi qu’augmenter les maisons de santé, estimant que le canton en manque. De plus, ils veulent développer les transports adaptés aux handicapés et créer davantage de crèches.

A propos de la RD191, le binôme a déclaré que c’est un secteur compliqué pour les routiers, estimant « qu’il faut les dévier » et que des endroits potentiels de déviation existent. Une solution peut être envisagée, celle de la voie ferrée.

Les candidats ont conclu l’entretien en soulignant une certaine impuissance politique : « le canton sera difficilement gagnable » mais ensemble, ils se veulent être la véritable opposition à Pierre Bédier. Ils jugent par ailleurs « inadmissible qu’un patron de fonctionnaires ait un casier judiciaire [chargé] alors que, pour entrer dans la fonction publique au plus bas de l’échelle, les fonctionnaires doivent avoir un casier vierge ».

Ils ont ajouté vouloir « dépenser plus d’euros par Yvelinois, arrêter les éoliennes et enlever l’opacité de la gestion au sein du Département des Yvelines ». Selon leurs mots, « leur binôme est le seul parti d’opposition sans compromissions ».