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Publié : 12 février

ARS Île-de-France

ARS Île-de-France : enquête sur l’incinérateur d’Ivry

Samedi 12 février 2022, l’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Île-de-France annonce par communiqué avoir demander une expertise toxicologique sur l’incinérateur d’Ivry. Cette enquête résulte du fait que l’ARS a été informée des résultats d’une enquête portant sur la concentration de dioxines dans les œufs issus de poules issus de poulaillers urbains, poulaillers de particuliers, à proximité de l’incinérateur d’ordures ménagères qui se situe à la limite du 13 ° arrondissement de Paris et de la commune d’Ivry.

Voici l’intégralité du communiqué du 12 février 2022 qui a été transmis par l’ARS d’Île-de-France.

Incinérateur d’Ivry : l’ARS demande une expertise toxicologique

L’Agence Régionale de Santé a été informée des résultats d’une enquête portant sur la concentration de dioxines dans les œufs issus de poules issus de poulaillers urbains (poulaillers de particuliers, non intégrés à une filière commerciale) à proximité de l’incinérateur d’ordures ménagères qui se situe à la limite du 13 ° arrondissement de Paris et de la commune d’Ivry. Cette enquête a été conduite à l’été 2021 par la fondation ToxicoWatch, à la demande d’une association. Cette enquête, dont la méthodologie est en cours d’analyse, montre dans ces œufs des concentrations de dioxine très supérieures aux normes admises pour les œufs issus des circuits commerciaux.

Les données environnementales disponibles auprès de la Direction régionale et interdépartementale de l’environnement, de l’aménagement et des transports (DRIEAT) sur l’incinérateur indiquent que les résultats de la surveillance des dernières années respectent les valeurs seuils auxquelles il est soumis. En 2020, d’après les chiffres communiqués par le SYCTOM, les concentrations en dioxines mesurées autour de l’incinérateur étaient globalement du même ordre de grandeur que celles retrouvées sur les sites témoins plus éloignés. Aucun incident récent n’est par ailleurs rapporté par la DRIEAT dans le fonctionnement de l’incinérateur.

Cependant, plusieurs travaux de Santé Publique France (2008, 2021) et de l’AFSAA (2005) montrent que :

- L’imprégnation de la population aux dioxines aux alentours des incinérateurs d’ancienne génération (avant 1996) est liée à la consommation d’œufs, et plus généralement de produits animaux produits à proximité, et non à l’inhalation ; l’incinérateur d’Ivry a été mis en service en 1969 et modernisé en 1995 et 2005 ;

- L’imprégnation en population générale est liée majoritairement à la consommation de produits animaux.

Ces éléments conduisent l’Agence Régionale de Santé à préconiser, de façon conservatoire et prudentielle, la non-consommation des œufs et produits animaux issus de poulaillers situés à proximité immédiate de l’incinérateur (Ivry, Charenton, Alfortville, 12e et 13e arrondissements de Paris). Cette recommandation, qui s’applique également aux fermes et jardins pédagogiques, pourra être revue au regard de données complémentaires plus stables. La consommation d’œufs et produits animaux issus des circuits commerciaux classiques n’est pas concernée par cette recommandation, ceux-ci étant contrôlés régulièrement.

Par ailleurs, l’Agence va solliciter l’avis d’experts toxicologiques sur la situation. Elle va également solliciter l’appui de Santé publique France et de l’Anses pour mettre en œuvre un état des lieux de la situation locale et régionale ; cet état des lieux devra notamment tenir compte de l’évolution des connaissances sur les imprégnations aux dioxines, et notamment des résultats de l’étude ESTEBAN, de l’influence de différents facteurs environnementaux (proximité d’activités potentiellement émettrices, densité urbaine…) et des données disponibles sur les modes de production et de consommation d’œufs issus de poulaillers urbains.