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Publié : 15 juillet

Incivilités sur les réseaux

Facebook, un lieu public comme un autre : luttons contre le harcèlement en ligne

Le harcèlement en ligne est une problématique bien ancrée dans notre temps, d’autant plus avec le procès de Mila, qui s’est clôturé ce mercredi 7 juillet. Définissant une nouvelle fois le harcèlement en ligne au regard du droit, il est aujourd’hui plus que nécessaire de réfléchir sur nos utilisations des réseaux sociaux et certains comportements.

Chaque message écrit sur les réseaux sociaux peut être lu par des milliers de personnes et d’autant plus sur les groupes Facebook des différentes villes comme « tu sais que tu viens de Triel-Sur-Seine quand…  » ou «  tu sais que tu viens de Verneuil-Sur-Seine quand…  ». Pensés comme des lieux d’échange, d’entraide et de débat pour discuter des affaires de la ville, ces groupes se transforment parfois en lieu de «  déballage public  » et d’attaques personnelles.

Les réseaux sociaux : un espace aussi public que la rue

«  Ce que vous ne faites pas dans la rue, ne le faites pas sur les réseaux sociaux  ». Voilà comment Michael Humbert, président du tribunal lors du procès de Mila, définit les limites de ce qui peut être fait et dit sur internet. Cette définition souligne que les réseaux sociaux comme la rue sont un espace public. Si il apparaît plus facile d’utiliser Facebook pour exprimer son mécontentement plutôt que d’agir frontalement, il est parfois nécessaire de prendre du recul avant de dégainer son téléphone. En parcourant les groupes Facebook, on se rend compte que de petits incidents, certains événements ou encore certaines personnes peuvent déclencher des vagues de réactions violentes et d’intolérance. Nous pouvons prendre l’exemple d’un établissement triellois, qui après avoir commis une erreur humaine dans la gestion d’un service, s’est vu attaqué sur Facebook par de nombreux utilisateurs. Certains n’ayant jamais fréquenté l’établissement se permettent de donner leur avis pendant que d’autres se plaignent de ne pas avoir vu leur demande prise en compte hors des heures d’ouverture ou mettent en doute la probité des propriétaires, en parlant d’une « escroquerie  ». Avec des attaques devenant personnelles, il ne s’agit plus de discuter des affaires de la ville et de mener un débat ou même de demander conseil en cas de problème, mais d’une tribune malveillante à l’encontre de cet établissement et de son propriétaire, avec des propos inappropriés.

Réintroduire un débat civilisé : le rôle des administrateurs

Garantir la liberté d’expression sur Facebook devrait s’accompagner du respect d’autrui, notamment quand ces groupes présentent une large audience, entre 5 000 et 10 000 personnes. Donner son opinion ne doit pas conduire à un acharnement et cela dépend donc de notre capacité à nous modérer face aux différentes situations et à prendre du recul. Pour retrouver une civilité dans les débats, les administrateurs et modérateurs des groupes Facebook ont un rôle essentiel. Aujourd’hui, avec la fin du procès de Mila, ce rôle devient d’autant plus important qu’une «  définition large » de ce qu’est le harcèlement en ligne a été retenue par le juge selon l’avocat Richard Malka. Ainsi, sont pris en compte dans la définition les messages malveillants postés publiquement ainsi que les attaques personnellement destinées à la personne. Il est donc important de savoir agir quand un comportement devient déplacé.
Le procès de Mila nous montre qu’il n’y a pas d’anonymat sur internet et qu’avec la « définition large » qui a été acceptée du harcèlement en ligne, personne ne peut se soustraire aux conséquences de ses paroles sur les réseaux sociaux. Le sentiment d’impunité sur les réseaux sociaux n’est plus qu’une illusion.