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Publié : 18 novembre

Politique Locale

Triel et sa politique : la discorde s’installe (durablement ?)

En juillet 2020, une nouvelle équipe municipale avait pris le pouvoir à Triel-sur-Seine ; tant de choses restaient à faire et beaucoup le restent mais la confiance s’est évaporée au sein de la majorité pour laisser la place à la discorde, comme autrefois !

Le ton a été donné par le maire de Triel-sur-Seine, Cédric Aoun, chez nos confrères de La Gazette en Yvelines(1), le 16 novembre : « Je ne démissionnerai pas ! ». Le contexte actuel mérite un retour en arrière : à l’issue d’une belle campagne électorale, en 2019 et 2020, une jeune équipe avait gagné haut la main ; dans le cadre d’un programme « osé » et singulier qui cherchait à « sécuriser la ville » dans tous ses aspects, elle avait proposé deux grands projets, l’aménagement du centre-ville et la réalisation d’un équipement sportif dans le parc municipal. La nouvelle majorité avait tout pour mettre en place une gouvernance « pour tous les Triellois », même si certains avaient des doutes sur le caractère « collégial » de Cédric Aoun.

En tout cas, le nouveau maire de Triel-sur-Seine a voulu aller vite pour régler toute une série de problèmes de la ville qui s’étaient accumulés pendant vingt ans en matière d’urbanisme, de circulation, d’équipement publics et de sécurité etc. De plus, il a « surpris tous » par l’achat d’un bus électrique (malgré le fait que la commune ne s’était pas concertée avec l’autorité organisatrice des transports) et il a redynamisé les bords de Seine en développant l’événementiel, éphémère ou saisonnier.

Cependant, un fonctionnement démocratique restait à être installé. Deux ans et quatre mois plus tard, neuf élus de la majorité(2) se sont ajoutés aux trois premiers dissidents de 2021 pour dénoncer le mode de gouvernance municipale : « Gestion autocratique, manque de concertation, management déplorable (du personnel municipal) et un mépris envers des conseillers » de l’opposition. Pire, Yvon Roscanvol, conseiller minoritaire, a fait part, le 9 novembre, de « la dégradation du climat social » à la mairie : « Le climat social s’est progressivement dégradé au sein du personnel municipal, avec des risques psychosociaux aujourd’hui avérés : stress, conflits internes, harcèlement moral… Le préfet a interpelé le maire de Triel sur cette dérive et sur l’absence de réunion du CHSCT depuis 2 ans et demi. » Toutefois, le maire a réfuté en bloc ces affirmations : « C’est un dossier vide », a‑t-il souligné dans les colonnes de 78 Actu, dans son édition du 16 novembre 2022.

Il affirme qu’il s’agit d’une cabale montée contre lui et contre la directrice générale des services qui « est assez cash » et gère d’une manière très directe. En outre, il se dit victime d’un chantage politique de la part des « neuf frondeurs ». Ce conflit ouvert pourrait être le début d’une période de discorde, au détriment du bon fonctionnement de la ville. Le 18 octobre dernier, dix-huit élus, dont neuf de la majorité actuelle, ont demandé la tenue d’une réunion extraordinaire du conseil municipal, comme la loi le permet. Le maire a prévu une réunion ordinaire du conseil municipal, le 28 novembre 2022.

Un fait politique majeur est évident : la confiance n’existe plus entre une partie de la majorité et le maire. Les élus minoritaires (six du groupe Bien vivre à Triel et trois de Triel Autrement) ne vont pas manquer de lui rendre la vie encore plus dure. La discorde a triomphé à Triel-sur-Seine, créant une situation chaotique durable, que personne n’avait prévue.

Post-scriptum

Notes

1. La Gazette en Yvelines, “Le conseil municipal se fissure sur la gestion de la Ville”, édition du 16 novembre 2022.

2. Les adjoints au maire, Valérie Duval, Catherine Evano, Bérangère Voillot, Marc Fontaine, Valérie Lenormand, et les conseillers municipaux délégués, Pamela Bouquet-Maire, Fernando Mendes, Florant Béquignon, Amandine Benoist.