Forte mobilisation contre les nuisances aƩriennes
Les populations des villes du nord-ouest francilien (1) sont survolĆ©es par les avions lors de leur procĆ©dure dāapproche de lāaĆ©roport de Roissy. Pour reprendre les propos du CIRENA (2) on constate que Ā« des espoirs de voir enfin la situation des survolĆ©s du nord-ouest francilien s’amĆ©liorer durablement par l’adoption d’un certain nombre de mesures, suite aux rĆ©centes Ā« Rencontres du Grand Roissy Ā», force est de constater aujourd’hui, que les espoirs des survolĆ©s du nord-ouest francilien se sont transformĆ©s, une fois de plus, en dĆ©sillusion Ā».
Le projet de la DGAC (3), semblait a priori sĆ©duisant puisquāil prĆ©voyait le relĆØvement de 300 m de l’altitude de survol des avions, mais la rĆ©alitĆ© est toute autre car il s’agit, en fait, purement et simplement d’un transfert de nuisances sur des territoires habitĆ©s par plus de 200 000 habitants.
Ce projet visait initialement Ć diminuer les nuisances sonores autour des aĆ©roports parisiens, conformĆ©ment aux engagements du Grenelle de l’Environnement. Or, au final, la modification envisagĆ©e et soumise Ć enquĆŖte publique a pour consĆ©quence d’impacter des communes qui Ć©taient moins ou pas impactĆ©es auparavant.
Coup de colĆØre
La DGAC persiste et signe ! Suite Ć la dĆ©cision prise en dĆ©cembre 2007 par les secrĆ©taires dāEtat, Mme Kosciusko-Morizet et M. Bussereau, de rehausser de 300 mĆØtres les altitudes des avions en phase dāatterrissage sur la plate-forme de Roissy, la DGAC a Ć©laborĆ© un projet particuliĆØrement nĆ©faste pour les populations les plus Ć©loignĆ©es de la plate forme. En effet, celui-ci impose une modification des trajectoires qui va entraĆ®ner le survol de zones dāhabitations qui nāen subissaient pas jusquāĆ prĆ©sent (plus de 200 000 personnes concernĆ©es), et lāaugmentation des nuisances dans des secteurs trĆØs urbanisĆ©s dĆ©jĆ gravement impactĆ©s. Ce projet est inacceptable !
Ā« Les engagements de Madame la SecrĆ©taire d’Ćtat Nathalie Kosciusko-Morizet de 2007 ne sont pas tenus par Madame la Ministre Nathalie Kosciusko-Morizet en 2011. Ā»
Pourtant des solutions alternatives existent comme, par exemple, celles que le CIRENA propose : l’augmentation d’un degrĆ© de l’angle d’approche des aĆ©ronefs, la descente continue Ć 1800 m sans palier et la modification des trajectoires au-dessus de zones faiblement urbanisĆ©es. Propositions restĆ©es sans rĆ©ponse Ć ce jour.
Cāest pourquoi la forte mobilisation Ć la rĆ©union publique du 6 avril peut faire basculer une dĆ©cision inacceptable. Devant plus de 200 personnes, en prĆ©sence des maires des communes concernĆ©es et des Ć©lus de tous bords exprimant unanimement leur avis dĆ©favorable sur l’enquĆŖte publique en cours. Les protestations des orateurs ont reƧu les applaudissement du public qui nāa pas manquĆ© de retenir les engagements que chacun des intervenant a pris notamment dāintervenir auprĆØs des autoritĆ©s pour que la parole sāaccorde avec lāaction.
Le dĆ©veloppement Ć©conomique du transport aĆ©rien ne doit pas avoir pour consĆ©quence des nuisances insupportables pour les habitants survolĆ©s comme lāa Ć©crit Anny Poursinoff (dĆ©putĆ©e EE-LV des Yvelines) Ć la ministre : Ā« Les pollutions diverses gĆ©nĆ©rĆ©es par le trafic aĆ©roportuaire ne sont pas sans effets tant pour la santĆ© que pour la qualitĆ© de vie des riverains. Nuisances sonores, pollutions chimiques, Ć©missions de gaz carbonique et d’oxydes d’azote sont des consĆ©quences nocives du trafic aĆ©rien. Ā»
Philippe Esnol (maire PS de Conflans-Ste Honorine et Conseiller gĆ©nĆ©ral), par lettre du 14 mars 2011, nāa pas manquĆ© de rappeler Ć la ministre que Ā« Je crois savoir qu’Ć Longjumeau, dont vous ĆŖtes la Maire, vous avez fait des nuisances aĆ©riennes un cheval de bataille municipale. Le 5 dĆ©cembre 2007 par exemple, sur votre blog de campagne (http://www.pourlongiumeau.com), on pouvait lire : Ā« Vous le savez, j’ai fait depuis plusieurs annĆ©es de la lutte contre les nuisances aĆ©riennes l’un de mes plus farouches combats. Chaque Longjumellois le constate quotidiennement : le bruit Ć©mis par les avions est une source de plusieurs maux. En premier lieu sur la santĆ©, et je songe ici Ć celle des enfants, perturbĆ©s notamment dans leur sommeil. On imagine les impacts Ć l’Ć©cole… Ā» Une rĆ©alitĆ© qui vaudrait pour les petits Longjumellois, mais pas pour les petits Conflanais, AchĆ©rois, Neuvillois et autres enfants de la Confluence ? Ā»
Arnaud Richard (dĆ©putĆ© radical de la 7ĆØme circonscription des Yvelines) particuliĆØrement sensible Ć la mise en Åuvre des Grenelle de lāEnvironnement conclut en mettant en avant lui aussi un argument Ć©cologique : « Cette situation, particuliĆØrement prĆ©judiciable pour la santĆ© et la tranquillitĆ© des habitants, ne me semble pas conforme aux engagements du Grenelle de l’Environnement.Ā Ā»
Et demande à la ministre «de bien vouloir me faire connaître les mesures que vous envisagez de prendre, avec la DGAC afin de rendre ce projet conforme aux préoccupations de nos concitoyens qui souhaitent vivre dans un environnement et un cadre de vie préservés.»
Cette rĆ©union visiblement unitaire conforte les exigences que nāa pas manquĆ© de rappeler le prĆ©sident du CIRENA :
- RelĆØvement des altitudes de survol de nos villes du Nord-Ouest Francilien au-dessus de 3000 m et amĆ©lioration des trajectoires et des procĆ©dures d’approche,
- Limitation impérative du nombre de mouvements annuels sur Roissy à un maximum de 500.000 (2 fois Orly),
- Suppression dĆ©finitive des vols de nuit et instauration d’un vĆ©ritable couvre-feu de huit heures d’affilĆ©e sur Roissy (de 23 h Ć 7 h) comme le recommande l’Organisation Mondiale de la SantĆ©.
C. s. B.