Crise politique ou crise sociale ? Les deux mon président
Il est temps de parler vrai : ce président devient autiste, voire ignorant du contrat social et politique liant les gouvernés et le chef de l’État. Nous publions ici la tribune d’André Bellon, président de l’association pour une Constituante.
Les propos tenus dans ce texte appartiennent Ă son auteur.
«Il faut reconnaitre Ă Emmanuel macron une exceptionnelle capacitĂ© d’aveuglement. On hĂ©site d’ailleurs entre « aveuglement » et « mĂ©pris ». Car comment oser proclamer depuis l’étranger ‑ce qui n’est pas d’ailleurs l’usage- qu’il n’y a pas de crise dĂ©mocratique en France ? RĂ©pondant ainsi Ă Laurent Berger, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la CFDT, il illustre sa dĂ©claration en estimant que « si les gens voulaient la retraite Ă 60 ans, ce n’était pas moi qu’il fallait Ă©lire ». Ç’est peut-Ăªtre institutionnellement exact, mais mĂ©rite plus que nuance : Ă aucun moment, cet enjeu n’est apparu clairement lors de la campagne Ă©lectorale et, d’ailleurs, l’actuel PrĂ©sident n’a Ă©tĂ© Ă©lu que par dĂ©faut. Rappelons en effet qu’il n’y a pas eu de campagne au premier tour, que le deuxième s’est limitĂ© Ă refuser Le RN et, surtout, que Emmanuel Macron a tout juste obtenu 20% des inscrits au premier tour.
Mais la question est dĂ©sormais bien plus grave. Les Ă©lections ne crĂ©ent plus la lĂ©gitimitĂ© des Ă©lus. Ce n’est pas d’aujourd’hui que le fossĂ© entre les citoyens se manifeste et, de plus en plus, les Ă©lus cessent dâ€™Ăªtre des reprĂ©sentants. Le problème est, en fait, posĂ© depuis longtemps, en particulier depuis la signature du traitĂ© de Lisbonne qui a bafouĂ© le vote des Français Ă©mis lors du rĂ©fĂ©rendum de 2005. C’était la première manifestation officielle de la nouvelle conception nĂ©olibĂ©rale de l’État essentiellement consacrĂ©e Ă la diffusion de la logique marchande.
Il était donc logique, et Laurent Berger a raison de l’affirmer, que la crise sociale fasse apparaitre la crise démocratique. C’est, cela étant, depuis le traité de Lisbonne que nous appelons à l’élection d’une Assemblée constituante. Pourquoi ? Parce qu’elle est le symbole de la reconstitution de la souveraineté du peuple, base de la démocratie. Parce qu’elle est la seule méthode pacifique, démocratique et rassembleuse pour résoudre cette crise que le pouvoir cherche désespérément à nier.»
André Bellon
Président de l’Association pour une Constituante