Le collectif de défense du CHIMM passe à la vitesse supérieure

Légende : Une soixantaine de membres du Collectif pour la défense et le développement du Centre hospitalier intercommunal Les Mureaux-Meulan se sont réunis pour préparer des actions à mener dans l’avenir.(Photo J2R)

Jeudi 29 octobre à 20h30 à la Salle SRV aux Mureaux, les membres du Collectif CHIMM ont axé leurs discours sur le bilan de leur action et la stratégie à mener pour les mois à venir. Une dizaine de prises de paroles ont accentué la soirée pour déclarer solennellement que l’hôpital du CHIMM est un « bijou » du territoire et que les « experts en rien » n’ont aucune légitimité à détruire nos services publics. Christophe Prudhomme, ancien médecin urgentiste, a donné le ola : il faut donner espoir aux gens pour passer à l’offensive.

Le Collectif CHIMM qui s’est créé en début septembre 2026 continue à œuvrer pour défendre et développer l’hôpital de proximité. Il s’agit de contrer les principales préconisations d’un groupe d’experts (CAPGEMINI et VI Santé) qui conduiraient, à terme, à la fermeture d’un hôpital digne de ce nom. Albert CON, chef de service dans la réanimation, a rappelé l’historique récent : depuis 2017 plusieurs tentatives de l’Agence régionale de la Santé (ARS) visaient à réduire la capacité médicale et opérationnelle du CHIMM. En bref, on dépèce progressivement les services connexes nécessaires au bon fonctionnement d’un hôpital conventionnel ; ainsi les têtes d’œuf de Bercy et ali. pourraient réduire le budget car les hôpitaux coûtent cher et ne sont pas rentables.

Justement, cette notion même de la rentabilité dans un monde capitaliste, dominée par la financiarisation excessive de nos outils de travail, qui a été mise en cause par Christophe Prudhomme, ancien urgentiste : « Depuis quelques années, on a fermé environ 900 maternités en France sur 1500 !  » La pensée néolibérale qui gouverne le pays a mis en place un système qui coûte cher à la collectivité nationale, et, en plus, permet de plus en plus de décès « évitables« . Éviter la mort par le fait de parcourir des distances importantes par un accident dans l’accouchement, par une crise cardiaque, par l’aléa sanitaire…

Candice Olive, sage-femme à la maternité du CHIMM, a souligné le nombre stable de naissance depuis quelques années malgré le taux de naissance en baisse en France : 756 naissance par an. Selon les têtes d’oeuf de Bercy, il faudra mille par an pour être « rentable » et viable pour continuer. Cela va à l’encontre d’une maternité paisible où le facteur humain est indispensable pour les usagers et personnel de ce service public de proximité.Or, d’une manière clinique, les « experts en rien » de l’ARS et de Bercy ont mis en place une stratégie de démantèlement du CHIMM : on supprime l’équipe d’anesthésie; puis l’équipe de stabilité (pour contrer les cas urgents où des médecins peuvent intervenir en chirurgie d’une manière urgente); puis on se rendre compte que la maternité peut devenir dangereuses pour les accouchements… Par voie de conséquence, c’est l’effet domino où l’on veut faire passer la pilule sans que les usagers ou le public se rendent compte ou combattent ce procédé. D’ailleurs, cette méthode a été utilisée pour fermer les services d’oncologie et de pédopsychiatrie.

Pour combattre ces préconisations et actions inacceptables, le rapport de force doit bouger. D’abord, le Collectif CHIMM s’est consolidé, ensuite il a mené des actions visibles (deux marches en septembre et octobre et une pétition de grande envergure).

L’étape suivante consiste à préparer et mettre en œuvre une stratégie pour après les présidentielles. Des élus de la majorité des villes où les habitants sont usagers du CHIMM doivent prendre part au débat et à l’action du Collectif CHIMM. Il faut se fixer des ambitions, en prenant l’exemple du collectif de l’hôpital de Rambouillet. Selon Michel Espinat, le CHIMM est incontestablement « le bijou » de la Vallée de la Seine. Il faut non seulement continuer le combat, mais également demander un plan d’investissement massif dans l’amélioration des infrastructures comme dans l’augmentation du nombre de personnel compétent. L’excellence ne doit pas être le monopole du secteur médical privé.

En conclusion, en prenant les propos des porte-paroles du collectif, le collectif CHIMM joue et jouera un rôle déterminant pour avancer l’idée que le CHIMM est atout pour le territoire dans la durée : « on agira sans compromis sur le temps long… rejoignez-nous usagers, soignants et élus ! » ont-ils interpellé les deux piliers du Collectif CHIMM, Pierre-Arthur et Bintou, à la fin de la soirée.

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