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Publié : 16 mars

aménagement et environnement

Mobilisation réussie pour contrer le projet de déviation de la RD 154

Sous un ciel gris, mais pas menaçant, les 220 participants ont pavé, le 16 mars à Vernouillet, le bitume pour défendre l’environnement et la nature. Suite aux déclarations provocatrices du maire de Verneuil-sur-Seine, dans Le Parisien (édition internet du 16 mars), les manifestants étaient déterminés à faire éventuellement échouer ce projet pendant les échéances électorales de 2020 (municipales) et de 2021 (départementales).

C’était une manifestation classique contre un projet d’un « autre âge » selon ses détracteurs. La rassemblement a eu lieu au parking du collège Emile-Zola de Vernouillet. A dix heures dix, le cortège a pris la route pour aller sur le lieu où il y a eu les fouilles archéologiques. Malgré le fait que des travaux de fouilles archéologiques (normales pour tout chantier de ce type) aient été effectués, les 220 opposants ont dénoncé les contrevérités des élus pour justifier la déviation de la RD 154 entre Vernouillet et Verneuil-sur-Seine. Pour mémoire, ce projet a été lancé il y a déjà quinze ans et des opposants sont toujours déterminés pour lutter contre ce projet.

Un projet qui ne se justifie pas

D’abord, le trafic n’a pas augmenté depuis 2005. Selon les détracteurs de ce projet, le conseil départemental avait annoncé 20 % de baisse du trafic, par la suite 30 % et aujourd’hui 50 % sur le site Internet du Département des Yvelines. Or, selon les documents officiels de l’enquête publique de 2005, il était écrit qu’il y aurait « peut-être une baisse de 20% du trafic, mais en précisant que certains rues et une portion du boulevard (André-Malraux à Verneuil) pourraient avoir leur trafic augmenter ». Selon les chiffres fournis par l’ADIV environnement, le nombre de voitures véhicules au rond-point de Vernouillet, Verneuil et Triel était inchangé depuis 2005 : « toujours 13 500 VI ».

Quant aux accidents, la RD 154 n’est pas une route dangereuse : « durant les trois dernières années, quatre personnes ont été tuées accidentellement » (ce qui est déjà trop) à Verneuil et à Vernouillet, mais « aucun n’a eu lieu sur la RD 154 ». Parmi les 13 blessés, sur la même période, quatre seulement se sont blessés sur la RD 154.

En revanche, la santé publique sera affectée par cette déviation en raison de l’augmentation de la pollution qui aggravera l’état déplorable de celle-ci au nord des Yvelines. Les voies routières, par l’usage des véhicules et des camions, génèrent des particules fines et du dioxyde d’azote. Les opposants ont également dénoncé la proximité d’un collège (Emile-Zola à Vernouillet), d’une maternelle et d’un gymnase. Enfin, le bruit est un facteur aggravant car celui-ci est devenu la 2e cause de morbidité en Île-de-France.

Défendre la nature et le territoire

Bernard Destombes, président de l’ADIV environnement, a posé la toile de fond : « Nous défendons notre environnement, notre nature, notre territoire... » Pour lui, ce n’est pas uniquement une déviation, mais le commencement d’une urbanisation effrénée qui détruirait le Bois de Verneuil-sur-Seine. En termes d’urbanisation, c’est « un projet structurant » qui fait office d’une liaison entre l’A13 et le futur Pont d’Achères (entre Achères et la plaine de Carrières-sous-Poissy). Pour M. Destombes, rien n’a changé car les travaux de la déviation n’ont pas commencé et ne sont pas prêts de commencer en raison des étapes juridiques à franchir : expropriations qui sont contestées et contestables, relogement des campements de Gens du voyage et procédure pour déclassement d’une zone naturelle fragile (avis qui sera ou non suivi par le préfet des Yvelines). En effet, les opposants ont indiqué que tout se jouera dans les vingt mois à venir, pendant les échéances municipales (2020) et départementales (2021).

En conclusion, c’était une épreuve de force pour montrer aux élus que les opposants sont plus que déterminés pour continuer à se battre pour la nature. Une vernolitaine, Hania, a rappelé les anciens combats pour préserver le bois de Verneuil, pendant les années 1970, et que ce combat continue symboliquement avec ces 220 manifestants du 16 mars 2019. Qui a dit que l’Histoire ne se répète pas ?